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De Yair Goldshmit
Editrice Anat Zalzberg
Traduit par AI, corrigé by Yaël Aberdam
Date de la publication en Hébreu: 13/5/2025
Original Hebrew text: https://www.rosamedia.org/episodes/articles/82
La semaine dernière, nous avons appris que le cabinet avait approuvé à l’unanimité le plan d’élargissement de la guerre dans la bande de Gaza, sa conquête, et contrairement au passé – également la rétention des territoires conquis. Les résultats du plan, nommé « Opération Chars de Gédéon », sont connus d’avance : une condamnation à mort pour les otages, des massacres massifs de civils innocents et d’enfants, la destruction totale des infrastructures vitales à Gaza, la poursuite de la politique de famine, des déplacements de population à grande échelle et la mort inutile de soldats. Tout cela sans proposer la moindre alternative de gouvernance dans la bande de Gaza, c’est-à-dire – la poursuite du régime du Hamas. Ne nous trompons pas : la décision de lancer cette opération n’est liée en aucune manière à des questions de sécurité. Ainsi, Smotrich a révélé les véritables intentions des colons en déclarant que « dès que la manœuvre commence – il n’y aura pas de retrait des territoires conquis, même pas en échange des otages », et que « Gaza sera totalement détruite ». Autrement dit, leur objectif est la conquête, la destruction et la colonisation de Gaza, non le retour des otages ni la sécurité pour les habitants de la région. Ce projet dystopique signifie, bien entendu, des crimes de guerre atroces contre deux millions de Gazaouis, qui – même avant que les « chars » ne soient lancés – vivaient (et mouraient) dans un véritable enfer.
La décision d’aller de l’avant avec l’opération a été prise en dépit d’une opposition publique massive à la poursuite de la guerre. Selon des sondages récents et constants, environ 70 % des Israéliens souhaitent le retour de tous les otages dans le cadre d’un accord mettant fin définitivement à la guerre. Le soutien à ce que le gouvernement appelle « la politique de la victoire » s’effondre, ne dépassant plus les 20 % de la population. Ces chiffres sont significatifs – ils indiquent qu’une partie importante des électeurs de la coalition eux-mêmes s’opposent à la politique du gouvernement, qui perd peu à peu sa base traditionnelle. Netanyahu en est bien conscient, et pourtant, dans un discours cette semaine, il a clairement affirmé : « Nous voulons récupérer les 59 (otages), mais l’objectif suprême de la guerre est la victoire sur nos ennemis. » Autrement dit, Netanyahu choisit sciemment de s’opposer publiquement à la volonté de la majorité du peuple israélien.
Au-delà des conséquences désastreuses de la poursuite de la guerre décrites ci-dessus, une telle opération, tout comme une occupation permanente de Gaza, entraînera un coût budgétaire astronomique. Comment le gouvernement compte-t-il le financer ? Vous avez deviné : le fardeau économique sera imposé aux classes populaires, qui devront financer la guerre voulue par une minorité d’extrême droite. Rien que la semaine dernière, le gouvernement, en collaboration avec la Histadrout (le syndicat national) et le ministère des Finances, a fait avancer une coupe draconienne des salaires du secteur public sous le slogan manipulateur de « partage équitable du fardeau ». La mesure, inscrite dans la législation de la Knesset, entraînera une réduction de 3,3 % par mois des salaires des employés du secteur public à partir du prochain salaire, et jusqu’à la fin de l’année. En 2026, leurs salaires seront à nouveau réduits de 1,2 % par mois. Cela signifie une atteinte directe aux revenus de centaines de milliers de travailleurs, et indirectement à ceux de la majorité des travailleurs israéliens. Mais cela affectera aussi gravement les services publics eux-mêmes – éducation, santé, bien-être social – déjà durement touchés par des coupes budgétaires, et rendra encore plus médiocres les services essentiels qu’ils fournissent à la population, alors que la demande explose avec la prolongation de la guerre. Cette loi s’ajoute à d’autres mesures d’austérité qui frappent comme toujours les citoyens ordinaires, et non les riches – telles que l’augmentation de la TVA et du prix des transports publics, des politiques menées par le gouvernement avec la complicité du ministère des Finances, qui ne rate jamais une occasion de s’en prendre au service public. Inutile de dire que des modes de financement alternatifs, bien plus raisonnables – comme l’augmentation du déficit ou une fiscalité plus élevée sur le capital, par exemple les banques, les compagnies aériennes ou les industries de l’armement qui réalisent des profits colossaux grâce à la guerre – ne sont même pas envisagés. Ni par le gouvernement, ni bien sûr par le ministère des Finances néolibéral. Comme toujours, le poids économique de la guerre est surtout imposé aux classes populaires, bien que beaucoup d’entre elles constituent traditionnellement la base électorale du gouvernement.
Face à la protestation juste et impressionnante des enseignants (et le large soutien public qu’elle a reçu), la réponse de Smotrich est particulièrement choquante et révélatrice d’un profond déni de réalité. Dans une lettre envoyée aux enseignants, il a écrit : « Je ne peux imaginer qu’au moment où des centaines de milliers de réservistes laissent tout – maison, famille, travail, revenu – et risquent leur vie pour défendre la patrie, ceux qui éduquent nos enfants déclenchent une grève et nuisent à l’effort de guerre pour une simple dispute sur une réduction temporaire de quelques pourcents de salaire. » Vous comprenez ? Smotrich, qui dirige un parti qui, selon tous les sondages, ne franchit même pas le seuil électoral (c’est-à-dire qui ne représente même pas son propre public), accuse les travailleurs de ne pas vouloir financer sa guerre de choix, une guerre éternelle dont le seul but est de réaliser des fantasmes fous de conquête, d’expulsion et de colonisation – une guerre à laquelle la vaste majorité du public ne croit plus.
Les objectifs des colons sont donc clairs, mais comment expliquer l’attitude de Netanyahu ? Pourquoi promouvoir une politique aussi impopulaire ? Et surtout, pourquoi l’affirmer de façon aussi ouverte ? Après tout, sa force au cours de la dernière décennie venait précisément de cette capacité rare à capter les sentiments populaires, à les reformuler pour les renforcer et renforcer sa coalition. Une capacité à tirer sa légitimité d’un large soutien populaire tout en servant les intérêts sectoriels de ses alliés. Comment expliquer ce changement dramatique ?
À mon avis, Netanyahu et ses partenaires comprennent de plus en plus qu’après le 7 octobre, ils ont perdu le soutien de la majorité, et qu’il n’y a plus de possibilité réelle de victoire démocratique sans changer les règles du jeu. Il y a toujours eu une tension entre l’aspect populiste du gouvernement (discours démocratique et réponse partielle aux sentiments populaires) et son projet politique (autoritarisme, suprématie juive, annexion, politiques discriminatoires, démantèlement de l’État). La guerre a mis cette tension à nu, et plus la popularité du gouvernement s’effondre, plus il tente de dissimuler cette contradiction par une violence croissante – non seulement contre les Gazaouis, mais aussi contre les citoyens israéliens, à travers des lois répressives, des arrestations ciblées, la peur et la terreur. Un exemple clair : la réponse du gouvernement au phénomène croissant de refus de servir parmi les réservistes, comme la proposition de loi du député Avichai Boaron (Likoud), qui prévoit cinq ans de prison pour quiconque appelle à ne pas se présenter au service de réserve de l’armée.
Ainsi, au lieu d’une stratégie populiste fondée, au moins en apparence, sur une légitimité démocratique, le gouvernement adopte désormais un discours bien plus fascisant, s’appuyant sur des justifications nationalistes-religieuses explicites. Plutôt que d’aller à des élections, il poursuit la guerre à tout prix – ce qui permet de maintenir l’état d’urgence, de faire avancer un coup d’État institutionnel et de s’emparer des centres de pouvoir contre la volonté populaire. Plutôt que de répondre au sentiment public, il délégitime les partis et candidats arabes, et l’éventualité d’un partenariat judéo-arabe. La propagation de la théorie du complot contre le parti Balad, le pogrom contre la projection de la cérémonie du souvenir conjointe à Raanana, l’accusation diffamatoire d’incendies volontaires – tout cela vise, et les signes sont clairs, à interdire la participation des partis et candidats arabes aux prochaines élections. Contrairement à l’opposition, le gouvernement a bien compris que le partenariat politique judéo-arabe est la clé de sa chute.
Bien qu’il s’agisse d’une évolution extrêmement dangereuse, elle ouvre également le champ politique à de nouvelles possibilités, alliances et organisations. Malheureusement, l’opposition n’est actuellement pas prête à exploiter le potentiel démocratique de ce moment. Au lieu de proposer une alternative à l’extrême droite, Benny Gantz et le président de l’État soutiennent le projet de colonisation, Yair Lapid met sur un pied d’égalité les « extrémistes des deux camps » (autrement dit, les auteurs du pogrom à la synagogue de Raanana et les organisateurs de la cérémonie), Bennett soutient avec enthousiasme la poursuite de la guerre, Lieberman propose de retirer le droit de vote à ceux qui ne s’enrôlent pas dans l’armée, et tous ensemble gardent le silence face aux crimes de guerre à Gaza, aux réductions de salaire et à la politique d’austérité qui détruisent la société de l’intérieur. Vu leur attitude, une chose est désormais certaine : pour remplacer non seulement le gouvernement, mais aussi sa politique – il faudra aussi remplacer l’opposition.
Translation notes:
‘To carry the load’, or לשאת בנטל (laset ba’netel) in Hebrew, is a commonly used phrase among Israeli liberals to call on lower classes and unionised workers to contribute more to the public purse, often through benefit cuts. It is also used to demand that members of the ultra-Orthodox community serve in the IDF and participate in the workforce, rather than relying on state benefits, as is expected of the rest of Israel’s Jewish population.
The election threshold, or אחוז החסימה (akhuz ha’khasima) in Hebrew, is the minimum share of votes a political party must receive in order to gain representation in the Knesset. It currently stands at 3.25%, which corresponds to approximately 3.9 seats, out of 120.
‘Choice-war’, or מלחמת ברירה (milhemet breira) in Hebrew, refers to a war that is initiated or continued by choice, where a viable alternative to armed conflict exists. While the term somewhat overlaps with ‘offensive war’, it also includes defensive wars in which peaceful resolutions are possible but are not pursued. In Israeli public discourse, a choice-war is generally regarded as something to be avoided.
Balad, or التجمع الوطني الدّيمقراطي (al-Tajammu') in Arabic and ברית לאומית דמוקרטית (Balad) in Hebrew, is a political party representing the secular, nationalist Palestinian-Israeli public in Israel. It was previously part of the Joint List, a coalition of parties representing Palestinian citizens of Israel, until the list dissolved in 2022. As a result, Balad failed to pass the election threshold, contributing to a roughly 3% reduction in the opposition’s vote share. Alongside the leader of the Israeli Labor Party (העבודה), Balad was blamed by opposition figures for strategic miscalculations that enabled the formation of the current Netanyahu government.
In April 2025, articles published in Maariv and later in Ynet, both prominent Israeli news outlets, accused Azmi Bishara, a former Balad leader and current advisor to the Emir of Qatar, of pressuring Balad to leave the Joint List. It was alleged this was done at the behest of Qatari leadership, who supposedly wished to weaken opposition to Netanyahu, reportedly due to Netanyahu’s personal ties and favour exchanges with Qatar. Balad, Bishara, and Qatari officials have all categorically denied these claims, highlighting factual inaccuracies in the reports, including the fact that Balad did not voluntarily leave the Joint List, but was pushed out.
At the end of April 2025, during the broadcast of the joint Israeli-Palestinian memorial ceremony, hundreds of right-wing activists besieged the Reform synagogue in Ra’anana. The activists shouted abuse and threats at those inside, attempted to break into the synagogue, and eventually physically attacked individuals who exited the building. Although police were present, they made no attempt to de-escalate the violence or arrest the rioters. Eventually, officers escorted those trapped inside through the violent crowd. The incident has been widely referred to in the media as the Ra’anana pogrom.
During a severe and widespread forest fire near Jerusalem in late April 2025, a conspiracy theory began circulating on right-wing social media, later gaining traction in mainstream media. The theory claimed the fires were caused by arson committed by Israeli-Palestinians seeking to sabotage Independence Day celebrations. The claim was swiftly debunked by police, and all supposed evidence shared online was proven to be false. Nonetheless, the conspiracy theory remains widely accepted in many right-wing media outlets.
Israeli law mandates compulsory military service for all adults at the age of 18, unless they are in school. Certain groups are exempt, most notably Israeli-Palestinians, who are often regarded by the state as disloyal or “unable to be forced to fight their own family members across the border”. Although other groups, such as ultra-Orthodox Jews, are also exempt, Avigdor Liberman’s call to revoke the right to vote from those who do not enlist in the IDF is widely understood in Israeli public discourse as a dog whistle aimed at removing voting rights from Israeli-Palestinians.